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Le mystérieux Maître d’Elie Wiesel – article sur les rapports Chouchani-Wiesel

http://frblogs.timesofisrael.com/le-mysterieux-maitre-delie-wiesel/
Elie Wiesel and Michael

The last filmed interview of Elie Wiesel was about his Mentor Shoshani – Chouchani

Filmmaker Michael Grynszpan and Elie Wiesel z.l.

Filmmaker Michael Grynszpan and Elie Wiesel z.l.


We’ve just learned the sad news: Elie Wiesel, Auschwitz Survivor and Nobel Peace Prize Winner, Dies at 87. Baruch Dayan Emet (Blessed is the True Judge).

We had the privilege to meet him and to interview him last year in New York.
Elie Wiesel was happy to talk about his mentor and master Shoshani (Chouchani).

We believe this was his last filmed interview.

Prof Shalom Rosenberg quotes his Mentor Shoshani in a new article in Hebrew

prof Shalom Rosenberg“שמע ישראל ה’ א-להינו ה’ אחד”. פסוק זה הוא סמלם של אמונת ישראל ושל קידוש השם. לדברי רש”י, הפסוק מלמד אותנו ש”ה’ שהוא אלוהינו עתה אך איננו אלוהי העכו”ם, הוא עתיד להיות ה’ אחד” – בלב כל האנושות. והוא מוסיף “ונאמר: ‘בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה ה’ אֶחָד וּשְׁמוֹ אֶחָד’”.
מורי ורבי פרופ’ שושני לימדנו שנבואה זו מבטאת את האמונה בניצחון העתידי של המונותיאיזם. האם הנבואה התקיימה? לכאורה לא! כל דת קוראת לא-ל שלה בשם אחר, דבר המהווה עילה מספקת למלחמות דת. רק כשתתגשם גם הנבואה “וּשְׁמוֹ אֶחָד” תגיע ההכרה שהא-ל האחד הוא גם אותו א-ל של החלוק עליי.
- פרופ’ שלום רוזנברג, תלמידו של מר שושני, במאמרו לעיתון מקור ראשון

https://musaf-shabbat.com/2016/04/03/%D7%94%D7%A2%D7%AA%D7%A7-%D7%A0%D7%90%D7%9E%D7%9F-%D7%9C%D7%9E%D7%A7%D7%95%D7%A8-%D7%A9%D7%9C%D7%95%D7%9D-%D7%A8%D7%95%D7%96%D7%A0%D7%91%D7%A8%D7%92/

“Ecoute Israel Hashem notre Dieu est Un”. Ce verset est le symbole de la foi d’Israel et de la sanctification du Nom. Selon Rachi, ce verset nous enseigne qu’ “Hashem est notre Dieu maintenant, mais n’est pas le Dieu des idolâtres, Il deviendra à l’avenir le Dieu UN”, au coeur de l’humanité entière. Et il ajoute “En ce jour-là, l’Eternel sera le seul Eternel, Et son nom sera le seul nom.” (Zacharie 14 9)
Mon Maitre le professeur Chouchani nous enseignait que cette prophétie enseigne la foi en la future victoire du monothéisme. Est-ce que cette prophétie s’est réalisée ? A priori non ! Chaque religion nomme son Dieu par un autre nom, ce qui est parfois une raison suffisante pour une guerre de religion. Uniquement lorsque cette prophétie “son nom sera le seul nom” sera aussi réalisée, alors viendra la conscience que le Dieu Un est aussi le Dieu de ceux qui ne sont pas d’accord avec nous.
- Extrait d’un article du Professeur Shalom Rosenberg, élève de Monsieur Chouchani, dans le journal Makor Rishon du 1/04/2016.

Elie Wiesel holds Shoshani / Chouchani’s letters in his private archives

Another fascinating article written by a talented journalist Ofer Aderet in Haaretz (same journalist who wrote the first article about our movie on Chouchani / Shoshani http://www.haaretz.com/israel-news/.premium-1.553215)

Elie Wiesel and Joel Rappel - Picture : Dorit Rappel

Elie Wiesel and Joel Rappel – Picture : Dorit Rappel


This time it’s about the most famous book of Elie Wiesel, “Night”. We learn here that Dr Joel Rapel – who was the director of Elie Wiesel’s archives in Boston for years – found there this manuscript in Hebrew! Nobody knew until now that Wiesel wrote a version of “Night” in Hebrew because it has never been published. The text in Hebrew is different than the one in French.

Another interesting point in the article, though we knew it before from another source: Elie Wiesel holds letters that Chouchanu/Shoshani wrote him! Under what name did Chouchani sign his letters? good question… It’s important to stress the fact that Elie Wiesel has always maintained that Chouchani’s real name was Mordehai Rosenbaum.

Note: this mention of these letters doesn’t appear in the Hebrew translation of the original article of Aderet in Hebrew, one can say that Chouchani was lost in translation :)

http://www.haaretz.com/jewish/news/.premium-1.717093?utm_content=%24sections%2F1.717093.1462094157&utm_medium=EMAIL&utm_source=SMARTFOCUS&utm_campaign=1390118&utm_term=20160501-03%3A05&ts=_1462146040434

Elie Wiesel holds letters of Shoshani in his private archives

עוד מאמר מרתק של העיתונאי המוכשר עופר אדרת (אותו עיתונאי שכתב את המאמר הראשון על הסרט שלנו על שושני בהארץ http://www.haaretz.co.il/news/education/.premium-1.2132317) הפעם הוא כותב על הספר המפורסם ביותר של אלי ויזל “הלילה” ומגלה לנו שד”ר יואל רפל, מנהל לשעבר של הארכיון אלי ויזל בבוסטון, מצא את הגרסא המקורית של כתב היד בעברית של אותו ספר.
הגרסא בעברית שונה מהטקסט בצרפתית, ולא פורסמה לעולם. עוד דבר מעניין במאמר (אך זה ידענו מקודם ממקור אחר): אלי ויזל מחזיק בכמה מכתבים שמר שושני כתב לו ! באזה שם שושני חתם על מכתבים אלו? חשוב לציין שאלי ויזל תמיד טען ששמו המקורי של שושני היה מרדכי רוזנבאום.
http://www.haaretz.co.il/gallery/literature/.premium-1.2925993

Elie Wiesel and Joel Rappel - Picture : Dorit Rappel

Elie Wiesel and Joel Rappel – Picture : Dorit Rappel


“ויזל שומר בביתו הפרטי חומרים נוספים, שלא רצה לחלוק עם העולם, בהם התכתבויות עם אנשי רוח ומנהיגים רבים כמו הרבי מלובביץ’, ג’ימי קרטר, ביל קלינטון, ברק אובמה, ג’ורג’ בוש, רונלד רייגן, יצחק רבין, משה דיין, מנחם בגין ואחרים. גם מכתבים מ”מר שושני”, כינויו של גאון יהודי מסתורי, שמת לפני 50 שנה וזהותו נותרה עלומה, מוחזקים שם.”

Pearls of Chouchani – Pearl number 1

Pearls of Chouchani – Pearl number 1
Pniney Chouchani 01

Read Proverbs 3,29 “Do not plow (plot) harm against your neighbor, who lives trustfully near you”
and Job 4,8 “As I have observed, those who plow evil and those who sow trouble reap it.”

The Thought = Plowing

Action = Sowing

The Result  = Harvest
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Perles de Chouchani – perle numéro 1

Lire Proverbes 3,29 “Ne laboure (médite) pas le mal contre ton prochain, Lorsqu’il demeure tranquillement près de toi.”
et Job 4,8 “Selon ce que j’ai vu, ceux qui labourent l’iniquité et qui sèment la misère, la moissonnent”

La pensée = labourer

L’action = semer

Le résultat = la récolte

Remember, Yzkor – 26 Tevet 5728 מר שושני הלך לעולמו ב, M. Chouchani passed away on January 26th 1968

Yzkor – 26 Tevet 5728, 26 janvier JanuaryMonsieur Chouchani par Mika Halber 1968

We were sent this email:
Mister Shoshani passed away a Friday night 26 Tevet 5728, January 26th 1968. Tonight is Yom Zikaron, JahrZeit, of this man that we will never forget, he left without any offspring other but his disciples. 5728 is written in Hebrew תשכ”ח but we will say לא נשכח as long as we live, we will not forget.

Signed an anonymous student. ”

On nous a envoyé cet email :

“Monsieur Chouchani est mort le vendredi soir 26 Tevet 5728, 26 janvier 1968. Ce soir, Yom Zikaron, JahrZeit, de celui que nous n’oublions pas, parti sans autre descendance que ses disciples. 5728 s’écrit en hébreu תשכ”ח mais nous dirons לא נשכח aussi longtemps que nous vivrons, nous n’oublierons pas.

Signé : un élève anonyme.”

On Instruction and Knowledge

“Préférez mes instructions à l’argent, Et la science à l’or le plus précieux; Car la sagesse vaut mieux que les perles, Elle a plus de valeur que tous les objets de prix.” (Proverbes 8,10-11)

(קְחוּ מוּסָרִי וְאַל כָּסֶף וְדַעַת מֵחָרוּץ נִבְחָר. כִּי טוֹבָה חָכְמָה מִפְּנִינִים וְכָל חֲפָצִים לֹא יִשְׁווּ בָהּ” (משלי ח י-יא”

“Choose my instruction instead of silver,
knowledge rather than choice gold,
for wisdom is more precious than rubies,
and nothing you desire can compare with her.”
(Proverbs 8,10-11)

Peut-on trouver la trace de Monsieur Chouchani dans ce texte de Levinas ?

ChouchaniLevinasEmmanuel Levinas est mort il y a vingt ans, le 25 décembre 1995. On connait son admiration sans limite pour son maître Monsieur Chouchani, “maître prestigieux – et impitoyable” selon ses propres mots. Il répétait à qui voulait bien l’entendre qu’il “n’avait rencontré dans sa vie que deux véritables génies, Heidegger et Chouchani”. Levinas fait également allusion à Chouchani à plusieurs reprises dans ses livres, par exemple dans “Difficile liberté” et dans ses “lectures talmudiques”. Nous vous présentons ici l’extrait d’un de ses livres, “Noms propres”. Jusque-là, on n’avait pas l’habitude de penser que ce texte pouvait faire allusion à Monsieur Chouchani. Mais un professeur de philosophie de l’université de Bar-Ilan, Dr. Hanoch Ben-Pazi, l’affirme : le dernier chapitre du livre parlerait sans le nommer du mystérieux génie. “Noms propres” est un recueil de portraits que Levinas dresse d’écrivains ou de penseurs aussi différents que Derrida, Agnon, Kierkegaard, Proust, ou Martin Buber. Mais le dernier chapitre du livre est intitulé “Sans Nom”. Il y est question de l’effondrement moral de l’humanité pendant la deuxième guerre mondiale et des enseignements à en tirer. Et il est aussi question dans ce chapitre de la condition si particulière du peuple juif. Il est vrai qu’on n’imagine pas Levinas penser au fait juif ni à la morale juive sans garder en arrière-pensée son “maître prestigieux” – un petit homme étrange, sans nom, qui l’a ébloui par ses océans de connaissances, ses capacités dialectiques hors du commun et ses fulgurances de génie. Alors voici un extrait de ce texte en question, peut-on le déchiffrer et y trouver un hommage à Monsieur Chouchani ? aux lecteurs de juger.

“SANS NOM” (chapitre dans le livre d’Emmanuel Levinas “Noms Propres”)

“(…) il nous faut désormais dans l’inévitable reprise de la civilisation et de l’assimilation, enseigner aux générations nouvelles la force nécessaire pour être fort dans l’isolement de tout ce qu’une fragile conscience est alors appelée à contenir. Il nous faut – en rappelant la mémoire de ceux qui, non-juifs et juifs, surent, sans même se connaitre ni se voir, se comporter en plein chaos comme si le monde n’avait pas été désintégré, en rappelant la Résistance des maquis, c’est-à-dire précisément celle qui n’avait d’autre source que ses propres certitudes et son intimité – il faut, à travers de tels souvenirs, ouvrir vers les textes juifs un accès nouveau et restituer à la vie intérieure un nouveau privilège. La vie intérieure, on a presque honte de prononcer, devant tant de réalismes et d’objectivismes, ce mot dérisoire.

La condition juive

Quand les temples sont debout, quand les drapeaux flottent sur les palais et que les magistrats ceignent leur écharpe – les tempêtes sous les crânes ne menacent d’aucun naufrage. Ce ne sont peut-être que les remous que provoquent, autour des âmes bien ancrées dans leur havre, les brises du monde. La vraie vie intérieure n’est pas une pensée pieuse ou révolutionnaire qui nous vient dans un monde bien assis, mais l’obligation d’abriter toute l’humanité de l’homme dans la cabane ouverte à tous les vents, de la conscience. Et certes, il est fou de rechercher la tempête pour elle-même, comme si “dans la tempête résidait le repos” (Lermontov). Mais que l’humanité installée puisse à tout moment s’exposer à la situation où sa morale tienne tout entière dans un “for intérieur”, où sa dignité reste à la merci des murmures d’une voix subjective et ne se reflète ni ne se confirme plus dans aucun ordre objectif – voilà le risque dont dépend l’honneur de l’homme. Mais c’est peut-être ce risque que signifie le fait même que dans l’humanité se constitue la condition juive. Le judaïsme, c’est l’humanité au bord de la morale sans institutions.
Nous ne disons pas que la condition juive soit aussi une assurance contre ce risque. Peuple comme tous les peuples désireux, lui aussi, de savoir les voix de sa conscience enregistrées dans une civilisation impérissable ; peuple plus vieux, plus sceptique, plus chercheur que les autres, se demandant, avant les autres, si ces voix ne sont pas déjà l’écho d’un ordre historique qui les dépasse. Peuple épris de bonheur, comme tous les autres peuples et amoureux de la douceur de vivre. Mais par une étrange élection, peuple aussi conditionné et ainsi situé parmi les nations – est-ce métaphysique ou est-ce sociologie ? – qu’il s’expose à se retrouver, du jour au lendemain et sans préavis, dans la désolation de son exil, de son désert, de son ghetto ou de son camp, toutes les splendeurs de la vie balayées comme des oripeaux, le Temple en flammes, les prophètes sans vision, réduit à la moralité intérieure – par l’univers démentie. Peuple exposé – même en pleine paix – au propos antisémite, car peuple capable de percevoir dans ce propos un sifflement inaudible à l’oreille commune. Et déjà un vent glacial parcourt les pièces encore décentes ou luxueuses, arrache les tapisseries et les tableaux, éteint les lumières, fissure les murs, met en loques les vêtements et apporte les hurlements et les hululements d’impitoyables foules. Verbe antisémite à nul autre pareil, est-il injure comme les autres injures ?
Verbe exterminateur par lequel le Bien se glorifiant d’Être retourne à l’irréalité et se recroqueville au fond d’une subjectivité, idée transie et tremblante. Verbe révélant à l’Humanité tout entière par l’entremise d’un peuple, élu pour l’entendre, une désolation nihiliste qu’aucun autre discours ne saurait suggérer. Cette élection est certes un malheur.
Mais cette condition où la morale humaine retourne après tant de siècles comme à sa matrice atteste – d’un testament très ancien – son origine d’en deçà les civilisations. Civilisations que cette morale rend possibles, appelle, suscite, salue et bénit, mais qui, elle, ne s’éprouve et ne se justifie que si elle peut tenir dans la fragilité de la conscience, dans les “quatre coudées de la Halacha”, dans cette demeure précaire et divine.”

“Shushani and the Problem of Humiliation”

“Shushani and the Problem of HumiliationIMG_3013

Not every teacher thus honored performed their task with equanimity of spirit. Many were angry, some morose. But Mordechai Rosenbaum (aka Harav Mordechai Shushani) presents a special case. His brilliance, erudition, and devotion to study are legendary, as experienced by Wiesel, Emmanuel Levinas, Shalom Rosenberg, and other members of an elite group of students. He was eccentric in appearance, behavior, and method, dressing poorly, maintaining secrecy in his comings and goings, saying little about his past, and holding marathon classes some days and disappearing for long stretches on others. (…) Wiesel also characterizes Harav Shushani as rude and abrupt, stooping so low as to mock, humiliate, and and torment his students. (…)
Harav Shushani did everything, in other words, that his student wouldn’t think of doing. Wiesel’s way is not to humiliate but to humanize.
Indeed, the relationship between Rav Shushani and his admiring student – humiliation on the one hand, loyalty on the other – replays how Wiesel some years later described the relationship between the renegade talmudic master, Elisha ben Abuya, and his lone remaining disciple, Rabbi Meir.(…) Wiesel never refers to Shushani as an apostate (though others apparently did). The question was more the effect of his teaching on the faith of others rather than on his own. Nevertheless, what thy shared was a pedagogy that had room for the humiliation of their closest disciples.
What then did our teacher learn from his own about teaching ? Perhaps he learned what NOT to do; perhaps WE learn, indirectly and paradoxically, that sometimes one chooses a master (or a master chooses a student) from whom one eventually diverges 180 degrees. But then again, it may be that Wiesel’s classroom teaching draws on Shushani’s, while filtering away its excesses.”

from ELIE WIESEL Jewish, Literary and Moral Perspectives. Alan Rosen.